Place aux femmes. En 2020, près de 80% des sociétés de gestion de capital-investissement françaises ont adhéré à une charte qui leur impose de recruter davantage de collaboratrices dans leurs équipes. «L’objectif est de porter à 25% d’ici 2030 la part des femmes dans les comités d’investissement, là où se prennent les décisions, et à 40% dans les équipes d’investissement, où sont étudiées les opportunités et suivis les dossiers», explique Sophie Paturle, présidente de FranceInvest, l’organisation qui rassemble ces investisseurs. Si le premier ratio a déjà été atteint, en avance, le second reste un objectif. «C’est en bonne voie, à condition de ne pas relâcher l’effort »,souligne Sophie Paturle. Certes, la parité est encore loin. «Mais un quart de femmes dans un comité, cela leur permet déjà de faire entendre leur avis sans biais ni restriction », estime-t-elle. Elle sait de quoi elle parle.Cofondatrice en 2005 de la société d’investissement Demeter Capital (devenue Demea), elle était, à son arrivée au conseil d’administration de France Invest en 2010, la seule femme. Elles sont neuf désormais.
Plusieurs générations
Un nombre croissant de femmes fondent en effet leurs propres sociétés d’investissement. Fanny Picard a lancé Alter Equity en 2007, Laurence Méhaignerie Citizen Capital en 2008. Clara Gaymard a créé Raise en 2013 avec Gonzague de Blignières. Marie Ekeland a co‑créé Daphni en 2014, Elina Berrebi et Alice Albizzati ont fondé Gaïa Capital, devenue Reveïa, en 2018. Un an avant que Fanny Letier, ex-Bpifrance, ne porte sur les fonts baptismaux la société d’investissement Geneo Capital. Il y a quatre ans, Tatiana Jama, initiatrice du collectif We are Sista, a donné naissance au SistaFund, qui soutient les start-up co dirigées par des femmes, etc. Dominique Senequier, emblématique présidente d’Ardian, leader français de l’investissement non coté, en a inspiré beaucoup.Ces femmes de la finance impriment leurs marques.
« Chez Alter Equity, le comité d’investissement rassemble 67% de femmes. Et 28% de nos participations ont été prises dans des entreprises fondées ou co fondées par des femmes, avec des croissances qui n’ont rien à envier à celles obtenues par les hommes », explique Fanny Picard.
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Par Anne Bodescot
Publié le 7 mars 2026











