L’ONU estime que le montant des dommages liés à la pollution plastique pourrait atteindre un total cumulé de 281 000 Md$ entre 2016 et 2040, soit un coût annuel autour de 10 % du PIB mondial. Shellworks s’attaque à une partie de ce problème. Cette entreprise britannique a développé une alternative au plastique pour les emballages, le Vivomer, à partir de la fermentation de matières premières secondaires (comme des déchets alimentaires ou co-produits). Fondée en 2019 par deux ingénieurs, Insiya Jafferjee (la CEO) et Amir Afshar, elle vient de réunir 13 M€ à travers une série A menée par alter equity. Le fonds d’impact tricolore concrétise son premier investissement au Royaume-Uni. Il mobilise son troisième millésime actuellement en cours de commercialisation, avec un objectif de 150 M€ qu’il souhaite atteindre durant l’été.
Cette levée est également souscrite par de nombreux investisseurs internationaux, dont les nouveaux entrants NFDG, Press Reset Ventures, JamJar Invest et Kibo Invest, aux côtés des actionnaires historiques LocalGlobe, True Capital, Sie Ventures et Founder Collective. Elle porte à une vingtaine de millions d’euros la somme réunie depuis sa création par la start-up, qui serait aujourd’hui valorisée autour de 40 M€ (post-money), selon nos estimations. « Shellworks répond parfaitement à nos enjeux stratégiques, en adressant le problème essentiel de la dépendance au plastique, déclare Félix Mounier, associé d’alter equity. Sa solution issue de déchets organiques, sans additif toxique et biodégradable en milieu naturel se distingue par son équation économique. Ses produits sont performants, en pouvant se substituer aux plastiques avec les mêmes caractéristiques finales, sans nécessiter d’évolution dans les chaînes de production des fabricants d’emballages et sans, évidemment, les conséquences néfastes du plastique pour l’environnement et la santé. Cela à un coût qui reste compétitif par rapport au plastique. »
Basée à Londres et employant une vingtaine de collaborateurs, Shellworks a déjà permis de produire cinq millions de flacons, pipettes et autres pots pour l’industrie cosmétique depuis sa création. S’assurant de la conception et de la distribution, elle sous-traite toute la phase de fabrication à des partenaires. « Cette levée de fonds doit permettre de structurer la société pour répondre à la traction. Les recrutements vont principalement être centrés sur la R&D et les fonctions commerciales. L'objectif est de gagner des parts de marché sur les emballages cosmétiques, mais également d’adresser d’autres marchés. La force de la société réside dans son savoir-faire dans la formulation. En associant les bons intrants au bon processus de fermentation, elle arrive à produire une matière, le Vivomer, qui répond à des attentes très spécifiques. Les experts que nous avons consultés sur ce dossier estiment qu’il s’agit de la solution la plus avancée au niveau mondial aujourd'hui », étaye Félix Mounier. Son ambition va être de s’ouvrir de nouveaux débouchés, notamment vers l’agroalimentaire et ainsi doubler chaque année le volume d’emballages produits.
Publié le 6 mars 2026











