Gojob s'adosse au groupe japonais Persol pour une expansion mondiale

Posté le
2/10/2025

Le numéro deux nippon de l’intérim injecte 120 millions d’euros pour prendre la majorité du capital de la start-up.

Par Paul Molga - Correspondant à Marseille

Scale-up planétaire en vue pour la start-up aixoise Gojob. Dix ans après sa création, le spécialiste de l’intelligence artificielle appliquée à la recherche d’intérimaires annonce son adossement industriel au groupe nippon Persol, numéro 2 au Japon avec 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires et une présence dans 13 pays de la région Asie-Pacifique.

L’opération, conseillée par Lazard, est assortie d’un investissement de 120 millions d’euros qui permet aux investisseurs historiques de Gojob – Breega, Kois et Alter Equity – de sortir. Ils avaient apporté un total de 30 millions d’euros. Aucun exit en revanche côté exécutif : les sept managers actionnaires, dont le président fondateur de l’entreprise, Pascal Lorne, consolident même leur participation.

« Gojob conserve son indépendance stratégique, sa marque, ses équipes, sa direction et sa souveraineté », précise le serial entrepreneur.

Les soft skills des candidats valorisés

L’intérêt de Persol – dont la fondatrice a été une militante de la première heure pour l’accès au travail des femmes au Japon – s’est porté sur la technologie de Gojob, baptisée Aglae. Grâce à 7 millions de CV, aux rapports de mission et aux profils de dizaines de milliers d’intérimaires qui ont entraîné cette IA, l’entreprise peut établir instantanément le Top 10 des meilleurs candidats à un poste donné en fonction de la zone géographique et des compétences requises.

L’expérience y compte moins que les aptitudes comportementales, linguistiques et sociales que traque le questionnaire obligatoire pour l’inscription à sa plateforme. Outre sa capacité à gommer les biais cognitifs du traitement manuel, plusieurs centaines de signaux faibles sont récupérés à cette occasion pour déterminer notamment la disposition au travail en équipe des candidats, leur ponctualité, leur facilité d’apprentissage et leur adaptabilité. « Aglae a appris à lire et à déceler leurs soft skills et offre une cinquantaine de fois plus d’efficacité aux recruteurs », assure Pascal Lorne.

La solution, disponible en ligne uniquement, a déjà séduit un millier de clients, principalement des grands comptes dans la logistique, la grande distribution, l’industrie et l’hôtellerie-distribution (La Poste, Stellantis, Carrefour, Casino, CMA CGM…).

Avec quelque 10.000 missions pilotées chaque mois, ils ont procuré à Gojob 200 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an passé et l’entreprise est désormais profitable. Elle emploie 240 personnes dont 65 travaillent sur la tech.

Avec Persol comme principal actionnaire, l’entreprise vise à présent le milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2030. Pour y parvenir, elle va déployer Aglae à grande échelle dans toutes les agences du groupe en Asie. Aux Etats-Unis comme en Europe, elle procédera par croissance externe. L’entreprise est déjà implantée outre-Atlantique depuis quatre ans et y réalise le quart de son activité. Le marché, très atomisé, y offre d’importantes occasions d’acquisitions et pèse près de 6 fois plus que le marché tricolore : 125 milliards de dollars contre 22 milliards en France.

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Posté le
2/10/2025

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